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Lâcher-prise, oui ! Mais pour attraper quoi ?

Ah le lâcher-prise ! Une expression bien en vogue dans ce monde où tout va si vite, une injonction voire une obligation que nous nous faisons à nous-même ou que nous conseillons sereinement à d’autres : il faut lâcher-prise, je dois lâcher-prise, tu devrais lâcher-prise...


Mais qu’est-ce que cela veut dire, et comment faire pour lâcher-prise ? Et qu’est-ce que j’attrape si je lâche prise ?

Lâcher-prise, c’est quoi ?


Appliquant une logique rationnelle et scientifique (ah que mon cerveau est confortable avec une approche rationnelle !), je suis partie à la source en enlevant le trait d’union : lâcher et prise. Que nous dit le dictionnaire de ces deux mots ? Eh bien chacun d’eux à plusieurs sens, voilà qui ne simplifie la compréhension !

Lâcher : verbe transitif du 1er groupe qui peut signifier : détendre, rendre moins tendu (une ceinture trop serrée par exemple) ; cesser de tenir, retenir, presser un objet ; libérer quelque chose ou quelqu’un (lâcher la main de son enfant, voire lâcher son enfant dans la nature, je reviendrais à cet exemple plus tard) ; distancer un concurrent dans une course : dire quelque chose malgré soi (j’ai lâché une bourde).

Prise : nom féminin signifiant, entre autres : action de s’emparer, en particulier par la force, quelque chose ou quelqu’un (la prise de la Bastille, une prise d’otage) ; manière de saisir et d’immobiliser un adversaire (une prise de judo) ; aspérité, endroit par lequel un objet peut être tenu (ce meuble n’a pas de prise) ; ce qui est pris (à la chasse ou la pêche, après un vol).

A la lecture de ses définitions, on voit bien que les deux termes sont antinomiques. Je ne vais pas vous faire encore le coup de définir l’antinomie, mais juste pointer la contradiction entre ces deux termes réunis par un trait d’union. Contradiction qui illustre bien la difficulté inhérente au lâcher-prise : lâcher quelque chose que nous tenons, ou plutôt auquel nous tenons.

Parce que c’est bien la difficulté : lâcher quelque chose auquel nous ne tenons pas est simple, facile. Mais dès qu’il s’agit de quelque chose d’important, les choses se compliquent. Comment lâcher son enfant, comment lui faire confiance si nous redoutons qu’il lui arrive quelque chose ? Comment lâcher le dossier super urgent sur lequel nous travaillons alors que nous pensons que notre avancement ou la reconnaissance de notre chef en dépend ? Comment lâcher un travail alors que la perfection n’est pas à la hauteur de nos exigences ? Et en parlant d’exigences, comment les lâcher ? Et plus simplement, si j’ose dire car rien n’est moins simple, comment lâcher toutes ses pensées qui nous traversent la tête du matin au soir ou comme dirait Serge Marquis, comment arrêter Pensouillard le hamster ?

Si ces pensées sont agréables, pourquoi les lâcher me direz-vous ? Eh bien en général, nous ne nous posons pas la question car nous ne souhaitons pas lâcher ses pensées positives. Et je dirais même que souvent, nous ne sommes pas vraiment conscients de ses pensées ! Pour moi, le lâcher-prise s’applique uniquement aux pensées négatives, désagréables et bien trop présentes.

Alors, comment arrêter le flot des pensées et lâcher-prise ?


Facile à comprendre, difficile à mettre en œuvre : notre cerveau est une machine conçue pour penser, alors comment l’arrêter ? Où est le bouton ON / OFF ? Eh bien, je crois qu’il n’existe pas. En tout cas je ne l’ai jamais trouvé (et je m’en réjouis car s’il existait, d’autre que moi pourrait l’utiliser et ça, je n’en veux pas !).


Ne craignez pas d'être lent, craignez seulement d'être à l'arrêt.

Proverbe chinois

Mais si nous ne pouvons pas arrêter le flot de nos pensées, nous pouvons tout au moins le ralentir ou encore le canaliser !

Une des meilleures façons de ralentir nos pensées automatiques est de se plonger dans une activité plaisante et prenante : c’est le flow décrit par Mihaly Csikszentmihalyi, ce moment où nous ne voyons pas le temps passer tellement nous sommes complétement à ce que nous faisons.
D’une façon générale, tout ce qui nous ramène à nos sensations physiques permet également de lâcher-prise : respiration consciente, focaliser notre attention sur les odeurs, les sons qui nous entourent ou sur les saveurs de ce que nous mangeons.

La pratique d’une activité sportive, artistique ou manuelle est également un excellent moyen de lâcher-prise. Je vous fais un aveu : un des moyens que j’utilise pour ralentir est d’éplucher et couper des légumes en pensant à la soupe (ou la ratatouille) que je vais déguster ensuite. Pas très glorieux certes, mais tellement efficace 😊

Développer son intelligence adaptative, c'est à dire cultiver la curiosité, la relativité, la nuance est un autre levier pour lâcher-prise, tout comme la pratique de l’improvisation.

Vous l’aurez compris, il n’existe pas une seule recette, et chacun peut trouver celle qui lui convient le mieux. Demander à un hyperactif de méditer ou de tricoter ne va pas donner de résultats. Par contre, lui proposer un footing sera plus à même de l’aider à lâcher-prise !

Et qu’est-ce que j’attrape quand je lâche-prise ?


Avant tout de la sérénité, du calme, de la détente. Et c’est déjà énorme ! Plus de sérénité, c’est moins de stress, moins d’angoisses et in fine, une meilleure santé psychique et physique (voir mon article http://lejardindespotentiels-coaching.fr/gestion-du-stress-dos ).
Mais ce n’est pas tout. En lâchant-prise, nous augmentons aussi notre créativité, nous libérons de l’espace pour notre intuition.
Et cerise sur le gâteau, nous augmentons aussi notre capacité d’émerveillement, de savourer les bons moments et les bonnes choses. Notre capacité à être heureux en somme !

Alors, si vous vous voulez attraper tout cela, ne manquez pas l’atelier que j’anime avec Valérie Bogaert le 17 mai où nous vous proposerons quelques clés pour lâcher-prise (information et inscription ici) ou contactez-moi pour un coaching personnalisé.



Références
Serge Marquis : Pensouillard m’a tué ! ; On est foutu on pense trop.
Mihaly Csikszentmihalyi : Flow : le secret du bonheur.

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